Point sur… l’ADN d’EuroCloud
Publie le 16.09.2011 par Thierry Chevalier
« Aider les entreprises à monter la première marche… »
5 questions à Pierre-José Billotte, Président de EuroCloud
Cloud Computing et innovation vont-ils de pair ?
Oui, le Cloud Computing est un grand générateur d’innovations. C’est une transformation de la filière IT au travers de sa «webification». Cela conduit à la reconstruction d’une nouvelle filière, de fourniture de l’IT sous forme de services en ligne. On redéveloppe donc sous forme web toutes les applications qui existent déjà, et en les réinventant. C’est par exemple le cas de We are Cloud et leur solution de Business Intelligence BIME. Il y a donc un formidable gisement d’innovations et d’activités nouvelles, ainsi qu’un développement de nouvelles structures, qui sont totalement dans l’ADN du Cloud Computing.
Quelles sont les actions d’Eurocloud pour soutenir cette innovation ?
Nous -mais aussi les pouvoirs publics- devons être bienveillants pour mettre toute cette richesse en valeur. Nous jouons ce rôle depuis plusieurs années, mais nous avons fait évoluer notre stratégie pour la décliner en trois étapes : une mise en lumière de certaines start-ups que nous jugeons pertinentes à travers les rendez-vous mensuels «Les Start-ups du mois»; les Trophées du Cloud Computing, qui concernent à la fois les innovations mais aussi les développements de ces nouvelles solutions dans l’entreprise et dans les organismes publics; et le prolongement de ces actions au niveau de l’Europe, avec la création très récente de groupes de travail européens, les European Working Groups. Le premier porte d’ailleurs sur l’innovation.
Est-ce incontournable d’avoir une visibilité européenne ?
Oui, la dimension européenne est très importante, en particulier dans le Cloud, car nous sommes dans une logique de mondialisation informatique. J’aime souvent faire le parallèle avec l’industrie automobile, qui elle aussi a connu cette mondialisation : la fabrication d’une voiture ne se fait plus sur une seule et même chaîne, mais sur de nombreuses chaînes, réparties dans le monde entier. Dans le Cloud, ce sera pareil. Un service Cloud est composite, il s’agit d’éléments applicatifs hébergés à divers endroits dans le monde. Grâce à nos actions, les Start-Up, et notamment celles qui gagnent un trophée, sont mises en lumière au niveau Européen, et donc, au niveau mondial. Cela a été payant par exemple pour Runmyprocess, qui a gagné il y a 3 ans, ou maferme.com, qui a gagné il y a deux ans, qui ont eu ainsi des opportunités pour développer leurs entreprises.
Que manque-t-il encore pour aider les starts-up en France ?
Du financement « efficace » !
Clairement, aujourd’hui, l’élément clé manquant est un fond d’amorçage dédié au Cloud Computing, et qui soit une intervention publique directe. OSEO est un vecteur efficace, mais se limite aux fonds propres. Les Start-Up qui n’ont pas de chiffre d’affaires ne peuvent pas devenir compétitifs sans fonds d’amorçage. Nous avons remis 17 recommandations au ministre de l’Industrie et de l’Economie numérique en mars dernier, et ce point en faisait partie.
Pour l’heure, la voie choisie par le gouvernement n’est pas la bonne…
Des projets ?
Pas encore mais nous avons plein d’idées. Je pense par exemple que EuroCloud est un lieu favorable pour héberger un incubateur spécialisé dans le Cloud Computing. Il n’y a pas meilleur conseil pour une Start-Up que de la mettre en contact avec la communauté. C’est un axe sur lequel nous réfléchissons, à court terme.
Pierre-José, merci de votre témoignage…
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